la Salle de Flore en 2000 avec les 2 copies en plâtre de l’Ecole de Dessins de Devosge (En 2025 : l’Apollon a disparu et la Junon est en piteux état)
En 1482, avec le Traité d’Arras, la Bourgogne (dite méridionale) devient une des Provinces du Royaume de France avec le statut de Pays d’Etat. La Bourgogne ducale annexée conserve non seulement son Parlement mais également le droit de s’administrer, même si avec les différents souverains qui se succèderont, ce droit sera subtilement contourné lors de la nomination d’élus favorables au pouvoir royal. Ce maintien des Etats de Bourgogne et leur installation définitive à côté de l’ancien Palais Ducal, à partir de 1682 est à l’origine d’importants aménagements urbains et de magnifiques constructions par de grands noms de l’architecture française.
L’ascension des Etats de Bourgogne sous la monarchie française
L’administration des États de Bourgogne est composée de représentants des trois ordres du Royaume de France : la noblesse, le Clergé et le Tiers Etat.
Les états de Bourgogne se réunissent tous les 3 ans sur convocation du Roi par l’intermédiaire du gouverneur de la province. Pour assurer le suivi de l’administration entre les sessions trisannuelles, les Etats de Bourgogne élisent 7 élus et 7 alcades (sorte de « fonctionnaires »). Elus et alcades assurent la gestion des affaires du pays pendant les périodes de trois années qui sépare les sessions des Etats.


2) Vestibule escalier 1er Etage par Le Jolivet et Devosge
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A l’origine, sous le règne des Ducs de Bourgogne et jusqu’à celui de Louis XIV, le rôle des Etats se limite à la fiscalité de la Province, en fixant le montant de l’Impôt. Disposant de ressources financières, à partir du XVI siècle, leur rôle s’élargit à d’autres domaines, puisqu’au XVII ème siècle, le Roi va confier à la Province la charge des frais d’entretien des Ponts et Chaussées, et la fourniture des étapes des gens de guerre. Leur domaine d’intervention grandit tout au long des décennies suivantes : activités économiques et financières, agriculture, commerce, postes, Ecole de Dessin etc.
Elus et alcades ont sous leur autorité une administration permanente, de plus en plus importante avec différents commis organisés en bureaux. Ce personnel des Etats est également composé du personnel technique des Ponts et Chaussées et du personnel spécialisé (inspecteur des haras, architecte de la province, graveur et imprimeur des Etats, huissiers, concierge, …).
Si les Etats de Bourgogne semblent avoir des pouvoirs importants, ces pouvoirs sont limités par l’intervention des commissaires du roi dans les délibérations, et par le fait que leurs décisions peuvent être cassées par le pouvoir central : c’est donc tout un jeu de dialogue et de compromis qui se met en place entre les Etats et le Roi.
Face à cette ascension des Etats, l’évolution d’un Palais au XVIIIème siècle
Avec le développement de l’administration de la Province, les élus se plaignent de l’exiguïté de leurs locaux et demandent leur agrandissement dès le début du 18ème siècle afin d’être en mesure d’assurer une bonne gestion des « affaires de la Province ». Parallèlement à cette ascension des Etats, le bâtiment des Etats ne cesse de se développer, surtout dans les dernières décennies de la monarchie absolue.

A l’origine de ce Palais des Etats, Daniel Gittard élève, de 1682 à 1685, l’aile destinée à abriter la salle des États. Suite au décès de Gittard (1686), le premier architecte de Louis XIV, Jules Hardouin-Mansart reprend le chantier et prolonge de 1686 à 1689 l’aile nouvelle vers l’actuelle place de la Libération, pour y installer le vestibule (Salon d’Apollon) précédant la salle des États. L’escalier qui y donne accès se trouve dans l’axe de la rue Condé (actuelle Rue de la Liberté) et gêne la circulation.
En 1730, les États décident de le remplacer par un grand escalier perpendiculaire au Salon d’apollon pour une entrée cérémonielle plus digne de leur fonction et dont le soubassement servira de lieu d’archivage. Cet escalier est réalisé par Jacques Gabriel, premier architecte du Roi, en 1737, et sera l’occasion de construire une nouvelle aile au Palais le long de la Rue Condé.
Dès 1736, il est prévu d’agrandir le Palais à partir de l’aile construite par Gabriel : des plans pour les nouveaux bâtiments sont dressés par Pierre Le Mousseux; mais ce projet reste sans suite, vu « l’immensité des plans et des dépenses ».
Les projets de Le Jolivet
En 1769, en raison de l’accroissement continuel de la paperasserie administrative, et de l’amélioration des finances des Etats, les Élus confient les plans de Le Mousseux à Charles-Joseph Le Jolivet (1727-1794), architecte et inspecteur des bâtiments des états depuis 1766. Le Jolivet semble avoir été conquis par les projets de Le Mousseux : il en établit un grand nombre de variantes. Le Jolivet dessina ses plans autour de deux idées centrales : soit un palais allant jusqu’à la rue du Bourg, avec une immense cour, soit un palais donnant, par souci d’économie, sur la rue Porte-aux-Lions. C’est à cette dernière solution qu’il s’arrête le 16 novembre 1771.


2) Projet de façade corrigé rue ND (actuelle Rue des Forges) par le Jolivet 1773
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Cependant, le décor étant jugé trop fastueux par les trois Ordres, le chantier des constructions projetées est suspendu à l’assemblée des États de 1772. Afin de limiter les dépenses, Le Jolivet modifie son dessin en 1773 en atténuant la surcharge décorative de l’entrée monumentale sur la rue Notre-Dame (Actuelle rue des Forges). Ce projet modifié est rejeté le 19 mai 1775 par les Etats, qui le trouvent encore trop onéreux. L’adjudication des travaux correspondant aux plans de Le Jolivet est résiliée en juin 1775 malgré un commencement d’exécution. Il est alors demandé à l’architecte un autre projet qui tient compte de la nécessité de loger convenablement l’École de Dessin, fondée en 1766 et provisoirement logée dans la Galerie de Bellegarde.
En effet, aux besoins de l’administration provinciale sont venus s’ajouter ceux de cette Académie de Peinture et de Sculpture, que les États de Bourgogne, comme le Prince de Condé, avaient placé sous leur protection. L’Académie, sous la direction de François Devosge, va d’ailleurs fournir les sculpteurs et les peintres dont on aura besoin pour les décors intérieurs et extérieurs du Palais. Les nouveaux plans, présentés le 8 décembre 1775 par Le Jolivet, n’étant pas jugés plus satisfaisants pour l’installation intérieure que pour le décor extérieur, les Élus s’adressent alors à Emiland Gauthey, ingénieur en chef de la Province.
Le projet final de Gauthey et Dumorey pour les façades.
Les plans présentés par E. Gauthey et Th. Dumorey, sous-ingénieur de la Province, sont agréés le 29 janvier 1776. Le projet de façade sur la rue Notre-Dame, est plus simple que celui de Le Jolivet. Un large fronton interrompt la suite des lucarnes et repose sur un entablement légèrement en retrait, porté par quatre pilastres ioniques, donnant ainsi quelque solennité à l’entrée. Les Élus jugent que cet aspect ne répond pas encore suffisamment aux recommandations des États : ils demandent à Dumorey que le fronton soit remplacé par un attique, percé d’œils-de-bœuf couronnés de mufles de lions et de guirlandes et qu’un nouveau devis soit établi dans ce sens. Ce nouveau devis établi le 24 Décembre 1776 par Dumorey mentionne aussi qu’un cartouche uni portant les armes de Bourgogne au niveau de l’attique, soit encadré d’une draperie à franges et de guirlandes de laurier, tandis que la fenêtre centrale du côté de la cour est encadrée de deux cornes d’abondance. Chaque fois qu’on supprime un élément du décor extérieur, l’économie réalisée sert à l’embellissement des appartements des Elus généraux et de l’Ecole de Dessin, qui doivent montrer l’importance accordée par les Etats et les responsables de leur administration au développement des arts.


2) Façade rue ND (actuelle Rue des Forges) par Th. Dumorey 1780
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Pas plus en 1769 qu’en 1772, les élus généraux n’ont envisagé d’installer, dans les futurs bâtiments, l’Ecole de Dessin fondée en 1766 par François Devosges et que les élus avaient accepter de prendre en charge. Les modifications incessantes, au cours des travaux, des plans et des devis pour les bâtiments de l’actuelle Cour de Flore, et par conséquent de la décoration de la salle de l’Ecole de Dessin, puis de la Salle des Festins résultent de décisions prises selon les possibilités budgétaires du moment et les humeurs des élus généraux. Les travaux extérieurs adjugés le 1er février 1776 sont terminés en décembre 1780.
Le retour de Le Jolivet pour l’aménagement intérieur des bâtiments
L’aménagement intérieur, n’est achevé qu’en 1786, non sans rebondissements : comme pour les façades, il y a plusieurs projets d’aménagements intérieurs par Dumorey et Devosges. Un décor composé de grandes peintures, de bustes et de sculptures allégoriques est envisagé sous différentes versions. Une de ces versions est même retenue et mise en chantier mais stoppée lorsqu’il est décidé le 12 Mai 1781 de réaliser l’aile orientale et celle de la rue de la Ste Chapelle (actuelle Rue Rameau) afin d’’y transférer l’Ecole de Dessin à leur achèvement. Cette décision de transfert de l’Ecole de Dessin permet enfin de réaliser la « Salle des Festins » figurant, des 1775, sur les projets de Charles-Joseph Le Jolivet. En tant qu’architecte des Etats, Le Jolivet est rappelé en remplacement de Dumorey et chargé d’en concevoir la distribution et le décor, selon la délibération des Elus généraux du 2 janvier 1783, en collaboration avec Devosges.


2) Junon Cesi par Antoine BERTRAND 1783
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Le Jolivet fait démolir l’ensemble de l’ornementation mise en place de 1774 à 1780, « afin que les quatre murs restent à nu dans les superficies ». Le Jolivet fait surhausser le plafond de l’ancienne « salle du modèle », débarrassée de tout son décor, sauf de la copie de « l’Apollon du belvédère » de 1780 réalisé à Rome par Charles-Alexandre Renaud, ancien élève de l’école de dessin. L’architecte veut en effet que le nouveau Salon d’Apollon ait la même hauteur que le Salon de Junon, qui se trouve en face. Il doit recevoir la copie de la « Junon Cesi » faite par Antoine Bertrand, placé en vis-à-vis de « l’Apollon du Belvédère ». Le Jolivet restructure donc la totalité du premier étage de l’aile occidentale sur la rue Notre-Dame : la « Salle des festins » est flanqué ainsi, sur ses petits côtés, de deux salons de réception afin de donner plus de faste aux cérémonies.
La salle des Festins (actuelle salle de Flore)
Pour la Salle des Festins, Le Jolivet décide que la décoration doit commémorer les victoires les plus fameuses du Grand Condé et de son descendant Louis-Joseph de Bourbon, héros de la guerre de sept ans. Au-dessus des chambranles des fenêtres et des portes, Le Jolivet résout en effet d’accrocher 16 trophées, en terre cuite et en demi-ronde bosse, d’après « les dessins qui en seront donnés par Monsieur Devosge ».

Pour concevoir ces trophées, Devosge établit les 3 principes suivants : 1°) L’élément central de chaque trophée évoque l’action essentielle qui définit la victoire ; 2°) les éléments annexes précisent le lieu géographique. Ainsi les villes prises ou défendues par le prince étaient toutes symbolisées par un écusson armorié et une couronne murale afin de les reconnaître et de situer l’action, et 3°) les objets symboliques marquant l’importance de la victoire apparaissent avec le nom des batailles gravé en lettres d’or.
Les trophées sont moulés en plâtre par les élèves de François Devosge. sauf 2 réalisés par le maître lui même : les hauts-reliefs relatifs à la victoire de Rocroi (1643) et à celle de Louis Joseph De Bourbon à Gruningen et Friedberg en 1762.
C’est à partir de la plus fameuse des victoires du Grand Condé, Rocroi, au fond de la salle, que le programme se déroule selon un ordre chronologique ponctué au centre par les victoires de Louis-Joseph de Bourbon étroitement associé à son ancêtre. Lors des festins, le gouverneur est assis à la place d’honneur, au milieu de la table qu’il préside, au-dessus de lui, le trophée symbolisant la bataille de Gruningen évoque ses exploits ; et il peut contempler, en face le haut-relief qui rappelle à tous sa victoire de Friedberg. La place du trophée concernant la bataille de Rocroi détermine donc la disposition des autres trophées allégoriques.


2) Trophée de la victoire de Gruningen de Louis Joseph de Bourbon Condé 1762
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Réalisés en plâtre, ces bas-reliefs doivent être « bronzé et doré ». Entre eux et le plafond, une corniche d’ordre dorique en bois de tilleul supportée par 158 consoles, est installée.
Quant au plafond, décoré de nuages sur lesquels se détachaient les armes des Condé dans un soleil rayonnant, il fut vraisemblablement peint par Pierre-Paul Prud’hon, d’après sa lettre du 28 novembre 1783 à son ami Fauconnier.
De chaque côté des deux portes, Le Jolivet installe quatre terre cuite peintes ou bronzées suivant les indications de Devosge : l’une représente la France couronnant de lauriers l’écusson de la maison de Condé, l’autre la Bourgogne contemplant le médaillon de son altesse sérénissime, la troisième la renommée publiant les hauts faits désignés par les inscriptions sur les 16 trophées, et la quatrième l’Histoire écrivant les mêmes faits.
La Salle des Festins devenue Salle de Flore de son inauguration à 2025
La Salle des Festins ne sert qu’en 1787, lors de la dernière séance des Etats lesquels sont supprimés le 10 juillet 1790. Les armoiries figurant sur les trophées sont effacées, en application de la délibération du 27 juillet 1790 du directoire du département, qui recommande la disparition de ce qui tenait « aux formes et inventions héraldiques ». Les quatre groupes sculptées installés aux portes de la Salle de Flore disparaissent, sans que l’on sache avec certitude si ils ont été détruits. L’« Apollon du Belvédère » est installé dans la Salle des Statues du Musée des Beaux Arts de Dijon ouvert au public en 1799. La « Junon Cesi » est installée en 1930 à la Cité Universitaire de Dijon puis en 1957 au Parc de la Colombière. En 2000 elle rejoint les collections du musée afin de la préserver et une copie la remplace à la Colombière en 2002.

Quant à l’aspect extérieur des Bâtiments, pour la porte sur la rue Condé (rue de la Liberté), le cartouche ovale aux armes de la Bourgogne est remplacé par une allégorie de la Justice sculpté par François Borne et pour la porte sur la rue Notre-Dame (Forges), c’est une allégorie de la Philosophie qui est réalisée par Edmé Gaule.
En 1831, le Palais des Etats est affecté à l’Hôtel de Ville de Dijon. La salle des Etats est redécorée de 1894 à 1896, quant à la Salle des Festins rebaptisée Salle de Flore en 1787, elle devient la Salle des Fêtes de la Mairie.
Fortement dégradée depuis la Révolution, cette salle fait l’objet d’une restauration de 1966 à 1967 qui permet de repeindre la pièce comme Le Jolivet l’avait indiqué dans son devis du 2 janvier 1783 : la corniche de la salle et son architrave sont peintes en marbre blanc veiné (…), le couronnement des croisées en jaune jaspé ou de sienne, ainsi que l’acrotère au-dessus de la corniche (…). Le surplus de la superficie de la salle est peint en marbre gris veiné de bleu et de rouge pâle », alors que les portes et fenêtres doivent l’être en gris perle.
Si au cours de cette restauration, on restitue la couleur de Bronze originelle des trophées, les hauts-reliefs ne retrouvent pas leur signification car on oublie d’inscrire le nom des victoires qu’ils symbolisent.
Actuellement la Salle de Flore abrite les séances du Conseil Municipal de Dijon.
Un projet de rénovation prétexte à saccage
Lors du Conseil Municipal du 20 novembre 2023, les élus votent à l’unanimité un crédit de un million huit cent mille euro pour la rénovation de la Salle de Flore. Au cours de la séance, la lecture d’un rapport révéle un état des lieux déplorable de la salle de Flore : fissures, décollements de peinture, mais aussi d’autres problèmes plus techniques tels que l’acoustique inadapté et l’inconfort de la salle pour accueillir le Conseil Municipal.
Si la démarche d’évoquer l’état de dégradation du patrimoine historique de Dijon peut être louable, on redoute assez rapidement que cette démarche et les travaux envisagés, au travers d’une rénovation, aboutisse à un saccage du patrimoine. En effet, il ne s’agit pas de respecter le cadre historique et architecturale du lieu mais de le mettre au goût du jour, pour en faire une salle de réunion. Surtout il s’agit d’installer un ascenseur au motif de rendre accessible la Salle de Flore aux personnes à mobilité réduite. L’installation d’un ascenseur nécessiterait l’éventration des planchers et plafonds d’une ou plusieurs pièces dont la conception et la création, comme nous l’avons précédemment démontré, est indissociable de celle de la Salle de Flore (ancienne Salle des Festins). C’est oublier qu’à l’origine, cette salle classée Monument Historique n’avait pas vocation à accueillir des séances du Conseil Municipal. Il ne faudrait donc pas dissocier cette salle de Flore des autres pièces qui lui sont contiguës et qui sont aussi classées. (arrêté du 22 mai 1926). Les craintes d’atteinte patrimoniale sont des plus légitimes et fondées au vu d’événement similaire en 2012 : l’éventration et la bétonisation d’un salon fin 17ème dans le cadre des travaux de rénovation du Musée des Beaux Arts de Dijon. Ce salon vandalisé au 1er étage fait partie des appartements des Princes de Condé donnant sur la Cour d’Honneur et est donc classé Monument Historique (arrêté du 22 mai 1926). Le sort d’une des pièces du Palais des Etats sera t’il le même que ce salon ? Et dans le même plus grand silence ? Espérons que non.


2) Escalier donnant accès accès à la Salle de Flore
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Défendre ce patrimoine n’est pas s’opposer à la mise en accessibilité de ces pièces pour les personnes à mobilité réduite. Bien au contraire, c’est l’occasion de rappeler à la municipalité, que la destruction et le saccage patrimonial ne saurait se justifier pour quelques raisons que ce soient et aussi respectables soient elles. Il peut exister d’autres solutions qui concilient respect du patrimoine et accessibilité. Il est étonnant que la municipalité préfère dépenser de l’argent public pour installer un ascenseur, lorsque l’édifice possède déjà ce genre d’équipement. Sans compter ceux du musée, il en existe notamment un facile d’accès depuis le Passage du Roy. Cet ascenseur réservé aux élus pour rejoindre leur bureau sous les combles du Palais pourrait faire l’objet d’étude de faisabilité afin de pouvoir être utilisé par les personnes à mobilité réduite.
De même, des systèmes adaptables, discrets et temporaires ne manquent pas sur le marché et pourraient être utilisé dans l’escalier qui mène à la Salle de Flore, sans l’abimer, le dénaturer. Plus que la précipitation et le gaspillage d’argent public avec le risque de saccage patrimonial, c’est la réflexion l’ingéniosité humaine qui doivent prévaloir. Il est à souhaiter que la DRAC, jusqu’à récemment réfractaire à l’installation d’un ascenseur, persévère dans sa démarche et reste intraitable pour la préservation de cet ensemble du 18ème siècle.
Plus qu’une rénovation, c’est une réelle restauration qui est nécessaire
Par une réelle restauration, la salle de Flore et l’ensemble des pièces issues des travaux de Le Jolivet et de Devosge retrouveraient leur éclat d’origine et seraient un magnifique attrait touristique. En 2001, c’est le candidat Rebsamen qui évoquait l’ouverture de l’ensemble du Palais des Ducs et des Etats au public. Une fois élu, cette promesse de campagne qui sous entendait le déménagement de la mairie est vite tombée aux oubliettes. Dijon a la chance de posséder un édifice ou de grands noms de l’art français ont laissé leur empreinte ; la mise en valeur de cet édifice, en le dédiant à l’histoire de Dijon, et de la Bourgogne serait des plus logique et souhaitable. Rendre la splendeur passé à cet édifice ne serait pas une dépense mais un investissement, le retour sur cet investissement se traduirait par notoriété, et une attractivité accrue. Il faudrait y ajouter un accroissement non négligeable de l’activité touristiques avec ce que cela induit au niveau de l’activité économique en général et es emplois non délocalisables.

Il est nécessaire de restaurer la Salle de Flore d’une manière plus rigoureuse qu’en 1966 – 1967 en rétablissant par exemple sur les trophées les noms des victoires.
La réintégration de l’Apollon du Belvédère par Renaud et de la Junon Cesi par Bertrand dans les lieux pour lesquelles, ces œuvres ont été crées ne serait que pure logique, plutôt que de laisser le premier dans la salle des statues et la seconde dans les réserves. Ce redéploiement des œuvres d’art ne couterait rien, et valorisait les pièces. Nous ne manquerons pas d’être attentif aux décisions prises et de leur donner la plus grande publicité, surtout si elles ne vont pas dans l’intérêt de la conservation et valorisation de ce patrimoine exceptionnel et typiquement dijonnais.
